Quel est votre plus grand défaut ? Comment répondre, exemples

Citez un vrai défaut qui n'est pas au cœur du poste, donnez un exemple concret où il vous a gêné, puis dites ce que vous faites aujourd'hui pour le corriger. En 45 secondes à une minute, sans fausse modestie ni défaut déguisé en qualité comme « je suis trop perfectionniste ».

Pourquoi le recruteur pose cette question

« Quel est votre plus grand défaut ? », « Citez-moi trois défauts », « Sur quoi devez-vous progresser ? » : la forme change, l'intention reste la même. Le recruteur sait que vous avez des défauts. Il veut savoir :

  • Si vous vous connaissez. Un candidat incapable de nommer un point faible inquiète plus qu'un candidat qui en nomme un réel.
  • Si vous travaillez dessus. Ce qui compte, c'est la deuxième moitié de la réponse : ce que vous faites concrètement.
  • Si le défaut est compatible avec le poste. Un comptable qui « n'aime pas les détails », c'est un problème. Un comptable qui a du mal à prendre la parole en comité de direction, beaucoup moins.

Choisir un défaut réel mais sans danger

Le bon défaut coche trois cases : il est vrai, il ne touche pas le cœur du métier, et vous avez une action en cours pour le corriger.

DéfautAcceptable pourRisqué pour
Difficulté à déléguerUn premier poste, un expert techniqueUn poste de manager
Mal à prendre la parole devant un groupeComptable, développeur, technicienFormateur, commercial, chargé de com
Mails trop longs, trop détaillésPoste de terrain, productionAssistante de direction, support client écrit
Tendance à dire oui à toutPresque tous les postes, si vous montrez la méthodePoste où l'on gère soi-même ses priorités sans manager
Impatience face aux process lentsStart-up, poste opérationnelFonction publique, conformité, qualité
Une compétence technique à renforcer (Excel avancé, anglais oral)Si elle est secondaire dans l'offreSi elle figure en première ligne de l'offre

Relisez l'offre avant de choisir : ce qui y est écrit en gras ou en premier est hors limites.

La structure en trois temps

  1. Le défaut, nommé simplement. « J'ai tendance à … ». Pas de « on me reproche parfois », assumez-le.
  2. Un exemple court où il vous a gêné. Une situation, une conséquence. Deux phrases.
  3. Ce que vous faites maintenant. Une méthode, un outil, une habitude, et si possible le résultat.

Comptez 45 secondes à une minute. Plus long, vous vous justifiez. Plus court, ça ressemble à une esquive.

Exemples de réponses

Ces exemples sont inventés pour illustrer la méthode. Prenez votre propre défaut, sinon la relance vous trahira.

Pour un premier poste de chef de projet

« J'ai du mal à déléguer. Pendant mon stage dans une agence événementielle, j'ai repris moi-même la logistique d'un séminaire parce que j'avais peur que ce soit mal fait, et j'ai fini la semaine à 23 heures pendant que mes collègues avaient du temps libre. Depuis, je me force à faire une liste en début de projet : ce que moi seul peux faire, et le reste, que je confie avec une date de point d'étape. Ça ne vient pas encore naturellement, mais je le fais à chaque projet. »

Pour un poste de développeuse

« Je suis à l'aise à l'écrit, beaucoup moins à l'oral devant un groupe. En démo de fin de sprint, je lisais mes notes et je perdais l'attention de l'équipe produit. Je me suis inscrite à un atelier de théâtre d'impro le jeudi soir, et je me propose maintenant pour présenter au moins une démo par mois. Je suis loin d'être une oratrice, mais je ne lis plus mes notes. »

Pour un poste de commercial sédentaire

« J'ai tendance à dire oui à toutes les demandes de mes clients, même quand ce n'est pas réaliste pour la logistique. L'an dernier, j'ai promis une livraison en 48 heures qu'on n'a pas pu tenir, et j'ai dû rappeler le client pour m'excuser. Maintenant, je vérifie le stock et le délai avant de m'engager, et je dis au client : "Je vous confirme dans l'heure." Il préfère une heure d'attente à une promesse non tenue. »

Les pièges classiques

PiègeCe que le recruteur entendÀ la place
« Je suis trop perfectionniste »Une réponse toute faite, entendue cent foisUn défaut réel avec un exemple
« Je n'en ai pas vraiment »Manque de lucidité ou d'honnêtetéN'importe quel vrai défaut mineur
« Je travaille trop »Une qualité déguisée, et un risque d'épuisementUn défaut d'organisation concret
Un défaut au cœur du poste« Il ne pourra pas faire le travail »Un défaut sur une compétence secondaire
Trois minutes d'auto-critiqueManque de confianceUne minute, et l'accent sur l'action
Un trait de personnalité figé (« je suis timide »)Rien ne peut changerUn comportement précis que vous travaillez

Si on vous demande trois défauts

C'est fréquent en France. Gardez la même logique, en plus court : un défaut travaillé en détail, puis deux autres en une phrase chacun avec leur correctif. Préparez donc trois défauts différents, pour ne pas sécher. La question des qualités arrive souvent juste avant ou juste après : préparez aussi vos qualités, avec une preuve pour chacune.

Dites votre réponse à voix haute avant l'entretien : sur cette question, le débit s'accélère souvent sans qu'on s'en rende compte. L'outil répondre à voix haute aux questions d'entretien vous montre votre débit et vos « euh ».

Les questions qu'on se pose

Peut-on citer un défaut personnel plutôt que professionnel ?

Oui s'il a un effet au travail, par exemple l'impatience ou la difficulté à dire non. Évitez la vie privée pure, qui n'aide pas le recruteur à juger.

Faut-il citer le même défaut que sur un test de personnalité ?

Si vous avez passé un test pendant le processus, restez cohérent avec ses résultats. Le recruteur risque de comparer.

Et si le recruteur insiste : « Un autre ? »

Ayez un deuxième défaut prêt, présenté de la même façon en plus court. Ne revenez pas au « perfectionnisme » par panique.

Un défaut lié à une compétence, comme l'anglais, ça compte ?

Oui, c'est souvent un bon choix s'il est secondaire dans le poste et que vous montrez ce que vous faites : cours, conversations hebdomadaires, séries en VO.

Comment éviter d'avoir l'air de se dévaloriser ?

Passez plus de temps sur la correction que sur le défaut. Finissez sur ce que vous faites aujourd'hui, pas sur le problème.