Parlez-moi d'une erreur que vous avez commise : exemples
Racontez une erreur précise et réelle, de taille modeste : un chiffre faux, un mail mal adressé, une commande erronée. Dites comment vous l'avez repérée, ce que vous avez fait tout de suite pour la corriger et prévenir les personnes concernées, puis la vérification que vous avez ajoutée depuis. Le garde-fou est la partie la plus importante.
Une erreur, pas un échec
La question « Parlez-moi d'une erreur » est plus petite que « Parlez-moi d'un échec ». Une erreur, c'est un geste ponctuel qui a mal tourné : un chiffre mal saisi, un mail envoyé à la mauvaise liste, une date mal reportée. Un échec, c'est un projet ou un objectif raté sur la durée. Si on vous demande un échec, voyez comment parler d'un échec.
Le recruteur cherche trois réflexes :
- Repérer : vous vérifiez votre travail, vous voyez quand quelque chose cloche.
- Assumer et corriger vite : vous prévenez au lieu de cacher.
- Empêcher que ça recommence : vous ajoutez une vérification, une étape, un outil.
Le format erreur, repérage, correction, garde-fou
| Étape | Ce que vous dites | Exemple |
|---|---|---|
| L'erreur | Ce que vous avez fait, sans détour | « J'ai saisi un mauvais taux sur une prime » |
| Le repérage | Comment vous l'avez vue (ou qui l'a vue) | « En relisant l'écart de masse salariale avant validation » |
| La correction | Ce que vous avez fait dans l'heure ou la journée | « J'ai corrigé, prévenu ma responsable, recalculé les bulletins » |
| Le garde-fou | La vérification ajoutée depuis | « Je compare chaque mois la masse salariale avec le mois précédent » |
Comptez une minute à une minute trente. Le garde-fou doit prendre au moins un tiers du temps.
Exemples de réponses
Exemples inventés pour illustrer le format.
Une gestionnaire de paie
« Il y a deux ans, j'ai saisi un mauvais taux sur la prime d'ancienneté d'un groupe de salariés : 3 % au lieu de 5 %. Je l'ai repéré en contrôlant l'écart de masse salariale avant validation : il était plus faible que d'habitude sans raison. J'ai corrigé les douze bulletins, prévenu ma responsable le jour même, et les salariés ont été payés correctement. Depuis, je fais un tableau de contrôle chaque mois qui compare la masse salariale, rubrique par rubrique, avec le mois précédent. Tout écart de plus de 2 % doit être expliqué avant que je valide. »
Un commercial
« J'ai envoyé un devis à un client avec le tarif de l'année précédente, 8 % en dessous du nouveau. Le client l'a signé dans l'heure. Je m'en suis aperçu en préparant le bon de commande. J'ai appelé le client tout de suite pour lui expliquer, et je lui ai proposé de maintenir l'ancien tarif sur cette commande, avec l'accord de mon directeur, et d'appliquer le nouveau à partir de la suivante. Il a accepté. Depuis, je génère mes devis uniquement depuis le logiciel, plus jamais depuis un ancien fichier, et je vérifie la date de la grille avant d'envoyer. »
Une assistante de communication
« J'ai envoyé une invitation à un événement client à toute notre liste de prospects au lieu de la seule liste des clients, soit environ 900 personnes au lieu de 200. Je m'en suis rendu compte dix minutes après, en voyant les premières réponses de noms inconnus. J'ai prévenu ma responsable, et nous avons envoyé dans l'heure un mail d'excuse court. Quelques prospects sont même venus et deux sont devenus clients, mais ce n'était pas le plan. Depuis, avant chaque envoi, je m'envoie un test et je vérifie le nombre de destinataires affiché ; si le chiffre m'étonne, je n'envoie pas. »
Ce qu'il ne faut pas faire
| Erreur de réponse | Ce que ça montre | À la place |
|---|---|---|
| « Je ne fais pas d'erreurs » | Pas crédible | Une erreur réelle et modeste |
| Une erreur sans conséquence ni correction | L'histoire n'apprend rien | Une erreur qui a demandé une action |
| Une erreur grave (sécurité, données sensibles divulguées) | Risque trop fort pour le poste | Une erreur réparable |
| Rejeter la faute (« le logiciel », « mon collègue ») | Vous ne l'assumez pas | « J'ai… » |
| S'excuser longuement | Malaise | Un ton factuel |
| Oublier le garde-fou | L'erreur peut recommencer | Une vérification précise et durable |
Choisir une erreur adaptée au poste
Une erreur sur une compétence centrale du poste n'est pas interdite, au contraire : elle montre que vous savez ce qui compte. Mais elle doit être ancienne, corrigée, et suivie d'un garde-fou solide. Pour un poste de comptable, une erreur de saisie corrigée avant clôture fonctionne bien. Une erreur qui a conduit à un redressement fiscal, non.
Préparez-vous
Écrivez les quatre étapes en une ligne chacune, puis racontez votre erreur à voix haute. Évitez de multiplier les « enfin », « bon », « du coup » : sur ce sujet, ils trahissent la gêne. L'outil compteur de mots de remplissage les repère pour vous. Speaking Coach a aussi une scène pour expliquer une erreur, où votre interlocuteur réagit et vous pose des questions.
Les questions qu'on se pose
Faut-il dire si l'erreur a coûté de l'argent ?
Oui, si c'est le cas, et donnez l'ordre de grandeur. Le recruteur appréciera l'honnêteté, surtout si vous montrez la correction.
Et si quelqu'un d'autre a repéré mon erreur ?
C'est tout à fait acceptable. Dites-le, puis montrez comment vous avez réagi et ce que vous vérifiez désormais vous-même.
Une erreur récente ou ancienne ?
Plutôt d'il y a un ou deux ans : assez récente pour être crédible, assez ancienne pour que le garde-fou ait fait ses preuves.
Peut-on raconter une erreur de stage ?
Oui, si vous débutez. Le format reste le même : repérage, correction, garde-fou.